OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Sculpteo, impression de révolution industrielle http://owni.fr/2012/11/19/sculpteo-impression-de-revolution-industrielle/ http://owni.fr/2012/11/19/sculpteo-impression-de-revolution-industrielle/#comments Mon, 19 Nov 2012 12:58:59 +0000 Sabine Blanc http://owni.fr/?p=125970

Œuvre d'art imprimée en 3D par Sculpteo, conçue par l'artiste Joshua Harker, photo (CC by nc) Venturebeat

Fondés en septembre 2009 par Eric Carreel et Clément Moreau, Sculpteo propose des services d’impression 3D. La petite entreprise a reçu cette semaine un Best of Innovation Awards 2013, catégorie Software & Mobile app mobile au prestigieux Consumer Electronic Show, raout annuel de l’électronique grand public qui aura lieu dans deux mois à Las Vegas. Il récompense leur 3DPcase, une application qui permet de concevoir des coques d’iPhone personnalisées. Un pied de nez à l’inquiétude sur “le désert français de l’électronique grand public” déplorée dans Le Monde au même moment, relevait Henri Verdier. Toutefois, si story il y a, pour le success complet il faudra attendre 2014 : la société espère être rentable à cette échéance. Et la France n’a pas encore mis le paquet sur cette technique en pleine croissance, contrairement aux Etats-Unis, où Barack Obama a inauguré cet été l’Institut national de l’innovation pour la fabrication additive, National Additive Manufacturing Innovation Institute (NAMII), 70 millions d’investissements dont 30 de l’État.

Retour sur la petite histoire de cette PME avec Clément Moreau, un ingénieur passé par les télécoms, où il développait les logiciels qui font tourner les box Internet ou des téléphones.

L’impression 3D est maintenant un secteur reconnu comme porteur, ce n’était pas aussi évident quand vous vous êtes lancés. Qu’est-ce qui vous a incité à créer Sculpteo  ?

En vérité ? Le fun ! En rencontrant cette technologie dans mon ancienne vie, je me suis dit que c’était tellement fun qu’il fallait vraiment la partager avec plus de gens. Il fallait faire sortir cette petite merveille des labos des grosses sociétés, pour que plus de gens en profitent ! Pas très sage tout ça …

Quelles ont été les principales étapes de votre développement ?

Chiffres-clés

Nombre de salariés : une vingtaine

Rentabilité : prévue pour 2014

Investissement R & D : 1 million d’euros par an.

Nous avons commencé par monter rapidement un site internet très simple, qui permettait juste à l’internaute d’envoyer son fichier 3D, de le visualiser et d’en commander la réalisation. C’est encore un des modes d’utilisation du site sculpteo.com.

Ce site a fonctionné, mais à notre goût il ne remplissait pas complètement la mission que nous nous étions donnée : que la technologie d’impression 3D profite à plus de gens. Pour le grand public, créer son fichier 3D restait trop long et compliqué.

Nous avons alors noué des partenariats avec des fournisseurs de solutions de création simples (Dassault, Autodesk, Tinkercad… ), et nous avons aussi réfléchi au rôle que devaient avoir les designers professionnels.

Pour les autres acteurs de l’impression 3D, la tentation est grande de les faire disparaître au profit d’une communauté d’amateurs, plus ou moins doués et exigeants. Nous pensons au contraire qu’ils ont un rôle fondamental à jouer, et nous avons voulu leur créer des outils pour qu’ils puissent utiliser toute la puissance de l’impression 3D, en proposant par exemple à leurs clients des designs modifiables (des “meta-designs”, pour Jean-Louis Fréchin, fondateur de l’agence NoDesign).

C’est comme ça que nous sommes arrivés aussi dans le développement d’applications mobiles, qui sont des moyens extrêmement simples et efficaces d’interagir avec le design personnalisable.

Parallèlement, nous avons amélioré nos matériaux : plastiques, plâtre coloré, plastiques teintés ou métallisés, résines haute définition (maintenant aussi en finition peinte), plastiques polis, et même des céramiques !

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Les matériaux s’améliorent encore, deviennent de plus en plus nobles. Mais ce qui nous passionne le plus actuellement, c’est de voir que de plus en plus d’acteurs veulent utiliser nos outils et notre technologie pour les intégrer dans leurs business (existant ou naissants), et se mettre à commercialiser rapidement des lignes de produits en impression 3D, ou contenant de l’impression 3D, comme des opérateurs téléphoniques, des spécialistes d’objets de décoration ou de l’ameublement, etc. C’est ça la troisième révolution industrielle !

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Pensez-vous qu’il y ait une bulle autour de l’impression 3D ?

Peut-être, mais rien de comparable avec les dotcoms des années 1999-2000. Par ailleurs, le business d’impression 3D est un business d’objets physiques : des objets imprimés, des imprimantes … tout cela a les pieds bien sur terre, peu enclin aux grosses envolées possibles quand des startups se revendaient les unes aux autres des “visiteurs uniques” !

Que pensez-vous de la politique de la France en matière de soutien aux entreprises innovantes du secteur numérique et en particulier celles qui sont censées porter la troisième révolution industrielle ? Quelles mesures le gouvernement devrait-il prendre ?

Les gouvernements successifs nous aident déjà bien à travers les statuts de Jeune Entreprise Innovante et le Crédit Impôt Recherche, qui sont deux dispositifs extraordinairement sains : si vous faites de la recherche, l’État en prend un pourcentage à sa charge. Pourcentage suffisamment élevé pour que ça change vraiment la donne, et suffisamment faible pour éviter les labos dont le seul objectif est de ramasser de la subvention, comme cela peut exister avec d’autres dispositifs.

L’accès aux fonds propres des startups doit être par ailleurs facilité et encouragé. C’est vraiment le nerf de la guerre, et l’une des plus grosses différences avec nos amis américains.


Le crâne en illustration est une œuvre d’art imprimée en 3D, conçue par l’artiste Joshua Harker, réalisée avec Sculpteo, photographiée par Venturebeat [CC by nc]modifiée par O. Noor pour Owni

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Les 12 milliards de Google en Irlande http://owni.fr/2012/10/31/12-milliards-google-irlande-fisc-redressement/ http://owni.fr/2012/10/31/12-milliards-google-irlande-fisc-redressement/#comments Wed, 31 Oct 2012 13:56:52 +0000 Guillaume Dasquié http://owni.fr/?p=124584

Selon Le Canard Enchaîné de ce mercredi 31 octobre, la Direction générale des impôts réclame à Google une ardoise de près d’1 milliard d’euros. En cause : quatre années d’activités commerciales durant lesquelles une large part du chiffre d’affaires généré en France aurait été transféré vers une fameuse filiale située à Dublin, Google Ireland Limited, sans être déclaré à l’administration fiscale.

Le rapport de 125 pages présentant le bilan comptable de Google Ireland Limited pour l’année 2011, que nous nous sommes procuré, donne la mesure de ce montage. Le document a été certifié par le cabinet Ernst & Young le 21 août 2012, et enregistré un mois plus tard, le 28 septembre, au greffe des autorités commerciales de Dublin.

Au total, pour l’exercice 2011, les comptables de Google Ireland Limited présentent une société qui atteint un chiffre d’affaires de 12,4 milliards d’euros, et un bénéfice brut de 9 milliards d’euros. Des chiffres vertigineux, à lire en prenant en considération deux réalités : d’une part, Google est devenu la première régie publicitaire de la planète – tout en demeurant, subsidiairement, un moteur de recherche. D’autre part, Google Ireland Limited, via quelques finesses comptables, recueille donc sur ses comptes en banque une large part des ventes de l’espace publicitaire commercialisé par Google en Europe, et notamment en France.

Multimilliardaire

Sur place, à Dublin, les liens entre cette tirelire et les diverses succursales de Google s’organisent par l’entremise d’autres sociétés. En particulier la société Google Europe, également domiciliée en Irlande, et qui compte parmi ses dirigeants l’entreprise Google France et les diverses filiales européennes et africaines. Ainsi que le montre un procès-verbal de cette autre structure irlandaise.

Les îles Bermudes, la planque à billets de Google

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Nous avons recueilli les procès-verbaux des sociétés de Google en Irlande, utilisées pour expédier ses bénéfices vers ...

Et grâce aux participations détenues dans une autre filiale de Google, située aux Îles Bermudes cette fois, une partie des dividendes rassemblés en Irlande s’envole ensuite vers ce paradis fiscal de l’Atlantique, comme nous l’avions autrefois raconté.

C’est l’ensemble de ces montages qui ont provoqué le courroux des fonctionnaires des impôts contre le groupe multimilliardaire. Après des vérifications demandées sur l’exercice 2008, achevant d’étayer leurs soupçons, les enquêteurs du fisc ont perquisitionné le 30 juin 2011 les bureaux parisiens de Google France, avenue de l’Opéra, rue de Londres, rue Louis-le-Grand, et rue de Clichy.

Pour la Direction nationale d’enquêtes fiscales (DNEF), la société Google Ireland Limited agit comme le véritable propriétaire et bénéficiaire de la succursale française, sur la base d’un contrat daté du 1er juillet 2004, mais sans rien dire au Trésor Public – la coquille irlandaise n’ayant pas pris soin de satisfaire aux obligations fiscales des sociétés étrangères déployant des activités en France, qui doivent se déclarer auprès d’un service spécialisé des impôts.

Ritournelle

Une version qu’a contesté en justice Google France, dont le directeur général Jean-Marc Tassetto n’a pas répondu à nos sollicitations, tout comme Maria Gomri, responsable juridique pour la France ni Yoram Elkaïm, directeur juridique pour l’Europe.

En lieu et place d’éléments d’explication, la responsable de la communication de Google France, Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, nous a adressé un email affirmant que “Google se conforme aux législations fiscales de tous les pays dans lesquels l’entreprise opère” et rajoutant “nous sommes convaincus d’être en conformité avec la loi française”.

Sauf que cette ritournelle de communicants a été balayée par la Cour d’appel de Paris, dans une ordonnance du 15 mai 2012, mis en ligne par nos confrères de BFM TV.

Lex Google : état des lieux

Lex Google : état des lieux

Oh, les jolis sourires crispés ! Ce lundi 29 octobre, François Hollande, accompagné des ministres Aurélie Filippetti ...

Les magistrats ont confirmé la légalité de la perquisition et les présomptions de fraudes. Contactée par Owni, l’avocate de l’administration fiscale dans cette procédure, Me Dominique Hebrad a indiqué qu’à cette heure que “les avocats de Google n’ont pas engagé de recours” contre cette décision de justice. Supposant ainsi qu’ils en acceptaient les conclusions.

Lundi, les responsables de Google France accompagné du grand patron, Eric Schmidt, rencontraient à l’Élysée François Hollande et la ministre déléguée de l’Économie numérique. Pour parler de la taxe Google. Mais aussi, selon Le Canard Enchaîné, pour discuter du redressement fiscal hors norme qui menace l’entreprise ; un sujet que les représentants de Google démentent avoir évoqué à cette occasion.

Pour la circonstance, l’équipe Google était accompagné d’un grand commis de l’État discrètement converti au charme de l’industrie de la publicité en ligne. Francis Donnat, maître des requêtes au Conseil d’État, conseiller auprès de la Cour de justice des communautés européennes, a rejoint Google France au mois de septembre dernier en qualité de lobbyiste en chef.

Pour parler d’égal à égal, au nom de la firme, avec ses anciens condisciples de l’ENA (promotion Valmy) évoluant aujourd’hui à la Direction générale du Trésor ?


Le bilan comptable de Google Ireland Limited pour l’exercice 2011 :


Le procès-verbal de la société irlandaise Google Europe :


Illustration par Artamir [CC-byncnd] modifiée avec son autorisation par Ophelia Noor pour Owni /-)

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Google siphonne à pleins tubes http://owni.fr/2012/10/02/les-commentaires-en-or-du-google-ebookstore/ http://owni.fr/2012/10/02/les-commentaires-en-or-du-google-ebookstore/#comments Tue, 02 Oct 2012 07:00:14 +0000 Claire Berthelemy http://owni.fr/?p=121326

Google a lancé en mars dernier sa toute nouvelle plateforme de vente en ligne : applications Android, musique, films et … depuis mi-juillet des livres numériques. Le 24 septembre, Google Play – le petit nom de la plateforme – est arrivé sur Twitter, l’occasion de chercher un peu comment est faite la partie librairie du grand magasin virtuel. À l’instar d’Amazon et Apple, le dernier né de la galaxie des géants de la vente en ligne est donc… en ligne. Avec une différence notable : sur Google Play, les commentaires et critiques des lecteurs et acheteurs sont une agrégation des commentaires publiés sur les blogs et sites littéraires ou bien sur les autres plateformes, Fnac.com comprise.

Agréger c’est le job de Google. Oui mais.

Le “métier” principal de Google c’est d’agréger les contenus pertinents – algorithme à l’appui – pour en faire quelque chose de lisible pour les utilisateurs : une barre de recherche, quelques mots et le tour est joué. Des applications, des films et des livres dans la besace du géant de la recherche sont ainsi accessibles en un clic ou deux. Sur le principe de l’Appstore, Google Play se pose donc en copie quasi conforme, les supports de lecture diffèrent, c’est tout.

Chez Google – que nous avons contacté -, on explique les objectifs :

Notre objectif est de fournir aux utilisateurs les résultats de recherche les plus pertinents et les plus exhaustifs possibles [...] et d’aider les utilisateurs à trouver des livres et d’autres contenus intéressants pour eux. Nous mettons en avant les livres qui viennent d’être publiés, mais également d’autres livres en fonction de leurs ventes, leur prix, leur catégorie, etc.

En revanche, concernant l’intégration des résultats de Google Play dans leur moteur de recherche maison, ils n’ont ”rien à annoncer de plus à ce jour”. Ce serait pourtant dommage de se priver d’un moteur de recherche si performant.

Une autre différence se situe dans la partie “Livres”. Là où Apple et son AppStore proposent aux possesseurs d’un lecteur de déposer un commentaire à l’achat, Amazon fonctionnant également de la même manière, Google Play permet – outre de déposer un petit mot aux futurs potentiels lecteurs – de lire les commentaires récupérés de Fnac.com, Babelio, Myboox et autres, pour la plupart des livres.

Les ardents défenseurs du géant de Mountain View argueront que Google reste fair play en ajoutant à la suite des commentaires ainsi “récupérés” un lien “avis complet” renvoyant ainsi vers les autres sites marchands. Dans le cas présent, Google se sert donc du nombre de commentaires – les extraits sont parfois denses et permettent de se faire une idée précise de la qualité de l’ouvrage – pour vendre sa soupe lui-même. Deux exemples : Flammarion n’y figure pas encore et est “en cours de négociations” selon Florent Souillot, responsable du développement numérique chez Flammarion et Bragelonne s’est retiré de leur catalogue.

Les commentaires provenant de sites soit marchands, soit agrégateurs de critiques de lecteurs en partenariat avec d’autres plateformes, il y a là un “petit hic” : Quelle équation préfère le lecteur ? Un clic + un clic + un clic + un clic = achat ou un clic + un clic = achat ? Pourquoi acheter un livre en quatre étapes quand on peut le faire en deux ? Le nombre de commentaires sur la page de Google Play attestera de la qualité du livre, les extraits des commentaires élogieux ou assassins sont là pour ça.

Maxime Coupez, senior project manager chez faberNovel, explique le problème posé par l’agrégation des commentaires :

Le tunnel d’achat commence avant d’arriver sur le site, une recherche sur Google par exemple. Google valorise le contenu exclusif, donc le fait que Google Play agrège les commentaires des autres sites, ça brouille le référencement de ces sites sur Google. Le problème se pose dès le référencement sur le moteur de recherche.

Dans la majorité des cas, pour Coupez, “quand les utilisateurs viennent sur Google Play, ils n’y viennent pas pour les commentaires mais pour le service [l'achat de livres, NDLR].” Mais un certain nombre d’études montrent “qu’ils permettent de mieux vendre, en tant que contenu qui rassure l’acheteur et l’utilisateur, même s’ils sont négatifs”. Plus il y a de commentaires et plus le site marchands peut vendre, peu importe d’où viennent les commentaires.

Partenaires particuliers

Concernant les sites “utilisés” par Google Play, on pourrait s’imaginer qu’ils sont au courant. De fait, certains le sont par hasard quand d’autres l’apprennent au cours de notre conversation au téléphone. Pourtant, l’un des porte-paroles de Google précise :

La description des livres est fournie par l’éditeur. Les commentaires des lecteurs proviennent de utilisateurs de Google Play ainsi que d’utilisateurs d’autres sites partenaires.

Partenaires ? Contacté par Owni, Pierre Timmermans, propriétaire du site Critiqueslibres.com, explique :

Nous sommes en partenariat avec Amazon déjà, n’importe qui peut plus ou moins l’être d’ailleurs, mais pas avec Google, qui ne nous a pas contacté non plus.

Amazon rapporte un nano-pactole pour cette association sans but lucratif (ASBL) : tout lecteur arrivant sur Amazon par Critiqueslibres.com permet aux bénévoles de toucher ”200 euros en moyenne et 400 euros les bons mois en fin d’année, c’est 3 à 8% en fonction du montant des achats sur le site”.

Guillaume Teisseire de Babelio – en partenariat avec Amazon, ce qui pour lui ne semble pas incompatible – estime que ça ne le dérange pas : ”nous étions sur Google Books déjà, donc c’est un peu une déclinaison. En plus ce n’est pas l’intégralité des commentaires qui est intégrée.”

Le pari de Babelio ? Permettre que cet échange leur apporte du trafic, à la manière du moteur de recherche Google. En revanche le choix d’Amazon ressemble plus à un choix stratégique sans visée purement financière :

Notre partenariat avec Amazon n’existe pas pour des raisons financières mais parce qu’ils nous ouvrent l’accès à toute leur base de données, de couvertures et de résumés. Gratuitement. C’est pas un choix business. On n’a pas vocation à envoyer vers Amazon. Pour la Fnac c’est plus problématique mais nous, si nos commentaires tronqués sont référencés sur Google Play et qu’Amazon perd de l’argent, ça ne nous change rien. La seule chose c’est qu’Amazon m’empêche de faire des liens vers d’autres libraires, des indépendants par exemple.

Le problème se situerait davantage entre les sites marchands entre eux. En atteste l’échange qu’Owni a eu avec David Pavie, directeur Hachette des sites grands publics – Hachette est propriétaire de Myboox dont les commentaires sont également repris par Google Play :

Le problème ne concerne pas seulement Myboox mais tous les éditeurs de contenus qui cherchent à avoir du trafic. Nous pourrions perdre des ventes, oui, mais c’est très difficile à mesurer. Et surtout ça ne créé pas une fuite de Myboox vers Google Play, plutôt l’inverse, de Google Play, un commentaire peut être lu ensuite en entier sur Myboox. C’est une contrepartie : ils renvoient du trafic chez nous en intégrant nos commentaires.

Problème, Myboox est sous contrat d’affiliation avec Mollat et les achats effectués sur Myboox sont autant de commandes pour celle qui était, en 2006, la première librairie indépendante en chiffre d’affaires et titres en rayon.

La tactique du gendarme

Le moyen pour Google de récupérer les informations ? L’insertion de rich snipets ou micro data, pour laquelle les sites ont été fortement incités par Google et les autres. “L’inconvénient c’est que nous ne savons pas ce qu’ils font du contenu récupéré” explique David Pavie. Qui exprime surtout le piège dans lequel les sites se sont enfermés :

Personne ne peut se passer de ça. Les termes du marché sont imposés par Google et c’est difficile de faire sans.

Le marché imposé par Google, le trafic vers les sites comme grandes batailles, mais alors les liens des commentaires permettraient-ils à Google de se dédouaner et d’envoyer du trafic vers les sites desquels les commentaires proviennent ? “Ils ne vont pas aller cliquer sur les commentaires, parce que ce n’est pas le but et à partir du moment où ils sont rentrés sur le site de Google, ils n’en ressortiront pas” assène Maxime Coupez de faberNovel.


La Fnac que nous avons contactée avec des questions précises en milieu de semaine dernière n’est pas – encore ? – “revenue vers nous”.

Image par Kalexanderson (CC-byncsa) remixée par O.Noor pour Owni

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L’impression 3D vend son âme http://owni.fr/2012/09/25/limpression-3d-vend-son-ame/ http://owni.fr/2012/09/25/limpression-3d-vend-son-ame/#comments Tue, 25 Sep 2012 10:06:36 +0000 Sabine Blanc http://owni.fr/?p=120703 business model basé sur l'open source. Mais la polémique enfle depuis le lancement ce mois-ci de leur nouveau modèle, qui est fermé. Certains l'accusent d'avoir renoncé à leur éthique sous la pression des investisseurs qui ont apporté 10 millions de dollars l'année dernière. ]]>

Deux imprimantes 3B Replicator Makerbot

Ce jeudi, Bre Pettis, co-fondateur de MakerBot Industries, fabricant à succès d’imprimantes 3D grand public MakerBot, doit donner un talk à l’Open Hardware Summit sur “les challenges des biens de consommation open source”. Ce qui fait bien ricaner une partie de la communauté de l’open hardware, et en particulier ceux qui contribuent au développement desdites imprimantes.

Car depuis le lancement ce mois-ci de la quatrième génération d’imprimante de l’entreprise américaine, la Replicator 2, la polémique enfle dans le petit milieu : ce nouveau modèle n’est pas open source. MakerBot a vendu son âme au monde des systèmes propriétaires sous la pression des investisseurs, accuse-t-on dans le milieu. Fini a priori l’éthique hacker qui guidait ses décisions. Une triste évolution qui se lirait dans la chronologie des faits marquants de leur jeune histoire.

MakerBot Industries a été créée en 2009 de la volonté de développer les imprimantes 3D open source domestiques, en se basant sur la RepRap, la pionnière du genre. Ses trois co-fondateurs, Bre Pettis, Zachary Smith et Adam Mayer sont issus du milieu hacker. Les deux premiers ont d’ailleurs fondé le hackerspace new-yorkais NYC Resistor.

Plus qu’un outil, RepRap symbolise une vision politique de l’open source hardware (OSHW), dont témoigne le discours d’un de ses développeurs, Adrian Bowyer : cet ingénieur rêve d’un monde où les entreprises traditionnelles seraient court-circuitées. La fabrication des produits manufacturés serait assurée par les citoyens eux-mêmes, grâce à des imprimantes 3D utilisant des plans open source partagés en ligne.

Le fondateur d’Amazon dans le tour de table

Dans les premiers temps de son existence, MakerBot réussit à fédérer une jolie communauté soudée autour des valeurs de partage et d’ouverture chères à l’éthique hacker. L’entreprise a aussi lancé le site Thingiverse, où les bidouilleurs du monde entier peuvent faire profiter des plans des objets qu’ils bidouillent avec les machines.

L’entreprise est un succès, elle compte maintenant 150 salariés, et finit par attirer l’attention des investisseurs. L’année dernière, elle lève 10 millions de dollars, alors qu’elle a commencé avec 75.000 dollars en poche. Dans son tour de table, Jeff Bezos, un des fondateurs d’Amazon. Et début de la descente aux “enfers propriétaires”.

Parmi les signes avant-coureur, le changement des conditions d’utilisation en février dernier est pointé, plus particulièrement la clause 3.2, qui oblige les contributeurs à renoncer à leur droit moral et notamment à leur droit à la paternité. Du coup, MakerBot peut utiliser le travail de la communauté dans ses produits, qu’ils soient ouverts ou fermés.

Josef Prusa, un des développeurs importants de RepRap qui monte aussi sa boîte, entame dans la foulée un mouvement Occupy Thingiverse et publie un billet à l’ironie amère :

L’impression 3D est maintenant pleine de merde. [...]

Hey regarde, nous avons pris toutes vos améliorations que vous avez partagées sur Thingiverse, nous les avons compilées dans un package et nous les avons fermées pour vous :-D .

Les imprimantes MakerBot 3D : la Replicator à gauche et la Thing-o-matic à droite

Parmi les autres indices, il y avait eu aussi au printemps dernier le départ de Zachary Smith. Il s’est aussi exprimé sur la polémique avec la même franchise :

J’essaye de contacter les gens pour prendre la mesure des choses mais jusqu’à présent, personne ne parle, et mes anciens partenaires ne répondent pas à mes appels et mes mails. Cela ne va pas, certainement. La meilleure information que j’ai trouvée est une tonne de double langage d’entreprise bullshit [La réponse de Bre Pettis, ndlr] qui caractérisait mes interactions récentes avec MakerBot.

Louvoiement

Face aux critiques, Bre Pettis se défend dans un billet au titre risqué, tant les reproches semblent fondés : “Réparer la désinformation avec de l’information”

Question 1 : est-ce que la MakerBot Replicator 2 est Open Source ?

Nous y travaillons et nous serons aussi ouvert que nous pourrons l’être alors que nous construisons un business durable.

Ou plutôt louvoie, comme taclent certains commentateurs :

Uh, FYI, tu as posé cette question :

Question 1 : est-ce que la MakerBot Replicator 2 est Open Source ?

Mais tu n’y as pas répondu. Tu tournes juste autour du pot et tu saupoudres d’une poignée de joyeux mots sur l’open source.

Steve Jobs du hardware

L’histoire dépasse la simple anecdote pour renvoyer à une histoire plus ancienne, celle du logiciel. Libre par défaut à ses débuts, sans que ce soit codifié, il est devenu propriétaire à la fin des années 70-début des années 80, quand il a commencé à générer une économie viable avec la montée en puissance de l’ordinateur personnel. Bre Pettis serait somme toute le nouveau Steve Jobs, plus entrepreneur que hacker.

Et comme le souligne Zachary Smith, ce tournant de MakerBot est un coup porté à ceux qui croient que l’OSHW constitue un écosystème viable :

Non seulement ce serait la perte d’un fabricant OSHW important, mais ce serait aussi la perte d’une figure emblématique pour le mouvement. De nombreuses personnes ont montré MakerBot et ont dit : “Oui, l’OSHW constitue un business model viable, regardez combien MakerBot a de succès.”

S’ils ferment leurs portes, alors cela donnerait aux gens qui diraient que l’open source hardware n’est pas viable des munitions pour leur argumentation.

Cela découragerait de nouvelles entreprises OSHW de se monter. C’est vraiment triste.

Si l’histoire se répète, la logique voudrait qu’après un coup de barre propriétaire, l’open hardware prenne sa revanche dans quelques années : l’OSHW a ses Steve Jobs, elle aura bien ses Stallman.


Imprimantes 3D via les galeries photo de wwward0, makerbot et cogdogblog sous licences Creative Commons

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http://owni.fr/2012/09/25/limpression-3d-vend-son-ame/feed/ 13
La carte des lobbyistes du numérique http://owni.fr/2012/09/17/la-carte-des-lobbyistes-du-numerique/ http://owni.fr/2012/09/17/la-carte-des-lobbyistes-du-numerique/#comments Mon, 17 Sep 2012 14:23:24 +0000 Claire Berthelemy http://owni.fr/?p=119785 Owni a cartographié comment les lobbyistes du numérique ont encerclé les institutions européennes. Une mise en perspective de l'intimité géographique qui règne entre lobbyistes et fonctionnaires européens. Alors que plusieurs industriels rechignent à être transparent sur le sujet, notamment Amazon et Apple. ]]>

Le numérique représente un secteur trop stratégique pour laisser les institutions et les élus européens déterminer seuls son évolution. Désormais à Bruxelles, autour des principales instances européennes, les lobbyistes des industriels du numérique occupent une place de choix, comme le montre ci-dessus notre carte interactive de la capitale européenne.

Owni a voulu ainsi cartographier les petites relations entre lobbies et institutions européennes. Manière de mettre en évidence l’hospitalité à la belge (sur notre carte ci-dessus, cliquez sur les valises noires pour visualiser les lobbyistes du numérique à proximité des bâtiments officiels).

Transparence

Selon l’ONG Alter-EU (Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation) , Microsoft fait maintenant partie des dix entreprises qui dépensent le plus pour leurs activités de lobbying à Bruxelles, avec 4 625 000 euros. Google consacre lui à ses activités de lobbying entre 600 000 à 700 000 euros quand Facebook est petit joueur puisqu’il déclare un budget de 150 000 à 200 000 euros pour la dernière année comptable renseignée.

Ces données sont issues du Registre de transparence européen, une initiative de la Commission et du Parlement européen, qui a célébré son premier anniversaire au mois de juin dernier. Cependant, son fonctionnement repose sur la base du volontariat.

Le mystère reste donc entier pour ceux qui n’y figurent pas. Les ONG les plus impliquées dans la transparence du fonctionnement démocratique militent aussi pour lui accorder un caractère obligatoire ; il pourrait par exemple être rendu indispensable pour louer des bureaux dans Bruxelles. Le porte-parole de Corporate Europe Observatory ironise :

C’est non seulement possible mais nécessaire que le registre soit rendu obligatoire. Il faut faire monter la pression pour que les entreprises soient obligées de le faire et que le registre remplisse alors sa mission première. Amazon, Apple et Bull, n’y sont pas par exemple. Pourtant ils sont présents au Parlement. Nous, on est un peu des Watch Dogs.

Sur ce point, Amazon nous a répondu que l’entreprise ne “commentait pas ce genre d’information”, tandis qu’Apple ne nous a pas répondu du tout.

La transparence, maitre-mot de tout commissaire bruxellois qui se respecte, est avant tout celle de ce registre. Le principe est simple : sous stimulation de la Commission européenne, les industries, associations et diverses entreprises – au nombre officiel de 5200 environ – s’inscrivent pour y faire figurer certaines informations. Notamment le nombre de lobbyistes arpentant les couloirs du Parlement et le budget annuel consacré aux pérégrinations de leurs troupes.

La carotte pour faire accepter aux industriels de figurer dans ce registre ? Un accès rapide au Parlement, un peu comme un billet coupe-file. Nous nous sommes entretenus avec le responsable du registre, Gérard Legris, il explique :

Il n’y a pas d’obligation juridique d’inscription au registre de transparence mais c’est quelque chose qui devient incontournable. Notamment parce que c’est une condition préalable à des facilités d’accès rapides au Parlement. Les participants sont enregistrés comme des visiteurs réguliers [un simple badge en plastique, NDLR]. Aussi parce que c’est une sorte d’abonnement. Et certaines de nos commissions refusent de faire entrer des non-accrédités.

Concrètement, les organisations qui figurent sur le registre, en plus d’avoir en main un passe coupe-file, reçoivent les feuilles de route des programmes de travail de la Commission. Joli cadeau. Insuffisant peut-être pour les entreprises et cabinets de conseils qui ne se sont pas inscrits.

Ces derniers, en conséquence, ne sont pas liés à un code de conduite et à l’engagement de fournir des informations sur leur budget de lobbying ou les activités qui les intéressent au sein du Parlement et des différentes commissions.

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Nestlé, Coca-Cola ou Danone voient leur influence encore grandir à Bruxelles. De fait, l'agence européenne chargée de ...

Gérard Legris avance que “certains attendent peut-être de voir si c’est intéressant ou pas. L’avantage c’est qu’elles gagnent pour leur image avant tout.” Le registre implique quand même une bonne volonté – et une bonne foi – puisque le code de conduite signé en même temps que l’enregistrement dans les papiers de la Commission est à respecter à la lettre.

Celui qui le transgresse peut subir une enquête administrative pour violation du code de conduite et risque, en cas d’intention délibérée de fraude, une suspension ou une radiation du registre.

Il y a quelques années lors de la première initiative de registre de la Commission, le Conseil européen de l’industrie chimique, l’un des plus gros lobbyistes de Bruxelles, aujourd’hui 71 employés déclarés au registre commun de la Commission et du Parlement, déclarait moins de 50 000 euros de dépenses inhérentes à la présence de ses salariés en activité de lobbying lors de la première initiative de la Commission. Et le CEFIC s’est fait suspendre temporairement à titre conservatoire. Aujourd’hui, ils déclarent 6 millions d’euros de frais de lobbying.

120 cabinets

La transparence n’est donc pas l’unique fonction officielle du registre puisqu’il s’agit surtout de délivrer le précieux sésame ouvrant toutes les portes ou presque du Parlement. Alter-EU a rendu public en juin dernier un rapport sur ce registre de transparence [PDF, EN], un an après son lancement. Le rapport d’analyse pointe entre autres que la liste des entreprises présentes pour exercer leur lobbying n’est surtout pas exhaustive et “au total [ils ont] identifié environ 120 cabinets qui effectuent du lobbying auprès de l’Union mais qui ne sont pas enregistrées”. Et le rapport de citer Apple, Disney, Time Warner et … Monsanto. Dans le domaine, l’ONG Corporate Europe Observatory travaille – entre autre – à mettre à jour les aberrations du registre. Martin Pigeon, porte-parole de Corporate Europe Observatory explique :

L’incitation à l’inscription sur le registre c’est un badge qui permet d’aller toquer aux portes sans avoir à se faire inviter par un eurodéputé ou par son assistant. Il y a un moment où l’invasion des lobbyistes était telle que les eurodéputés ne pouvaient pas travailler. Au restaurant du Parlement [cafétéria dans l'enceinte du Parlement, NDLR], vous pouviez avoir un lobbyiste qui vous tendait un dossier.

Il a donc fallu filtrer un peu tout ce petit monde pour que les eurodéputés puissent se sustenter librement et sans être harcelés par une horde de lobbyistes. Mais pour le porte-parole, à l’origine de l’ouverture du registre, il y avait bien une question d’image, non pas celle des entreprises qui signaient mais celle de Bruxelles même : ils devaient restaurer la confiance dans les institutions européennes.

Siim Kallas, le commissaire aux affaires administratives, [aujourd'hui vice-président chargé des transports, NDLR] vient d’Estonie. À l’époque, nouveau pays membre. Et il a une grande culture de la transparence administrative”, remet en perspective Martin Pigeon.

Sauf que la transparence, parce qu’elle n’est pas obligatoire, permet aussi de dire que les données manquent de fiabilité : certaines entreprises pour des dossiers précis n’iront pas négocier seule et embauchent des consultants spécialisés sur un ou deux dossiers.

Chez CEO, on les appelle parfois les “lobbyistes mercenaires” : travaillant depuis longtemps à Bruxelles, ils ont des portefeuilles de spécialités en main et proposent leurs services quand en interne on ne parvient plus à suivre. D’autres façons d’effectuer un lobbyisme plus feutré puisqu’ils ne sont que des prestataires, et que le logo de la firme pour laquelle il travaille n’est pas collé à leur nom.

Carte Sylvain Lapoix
Données Claire Berthelemy à partir du Registre de transparence.
Illustration et couverture par Cédric Audinot pour Owni /-)

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http://owni.fr/2012/09/17/la-carte-des-lobbyistes-du-numerique/feed/ 6
Frein à main sur la voiture sans pilote http://owni.fr/2012/09/17/frein-a-main-sur-la-voiture-sans-pilote-driverless-car-google/ http://owni.fr/2012/09/17/frein-a-main-sur-la-voiture-sans-pilote-driverless-car-google/#comments Mon, 17 Sep 2012 10:53:38 +0000 Nicolas Patte http://owni.fr/?p=120148 driverless car, sorte de promesse d'un futur où circulent des voitures sans conducteur. En Californie, le projet est chahuté par les défenseurs de la vie privée qui voit dans ces véhicules de nouvelles possibilités pour fliquer le quotidien des citoyens.]]>

Eric E. Schmidt Président exécutif, Larry Page PDG et Sergey Brin co-fondateur, dans la Google self-driving car en janvier 2011

Une association californienne de défense des consommateurs a mis le turbo pour interdire la voiture sans conducteur élaborée par Google, au titre — comme souvent — de la protection de la vie privée des utilisateurs. Et joue clairement la carte de David contre Goliath.

C’est en effet seule contre tous que l’association Consumer Watchdog a contacté très officiellement [pdf] la semaine dernière le gouverneur de Californie Jerry Brown pour lui demander d’apposer son veto sur le projet de loi “SB 1298“. La loi, si elle devait être adoptée, permettrait à l’État de tracer, sur le long terme, sa première autoroute automatisée remplie de véhicules-robots. Mais surtout, sur un plus court terme, de laisser rouler des voitures sans pilote sur les routes californiennes.

Dit comme ça, le projet paraît sortir d’un bouquin de science-fiction, mais il est pourtant sur le point d’aboutir. Déjà, des constructeurs comme Toyota, Audi, BMW, Lexus, Volvo ou encore Cadillac sont sur les dents pour produire des véhicules “autonomes” d’ici cinq ans. Le projet de loi, soumis par le sénateur démocrate Alex Padilla, est appuyé par certaines associations de promotion de la sécurité routière — mais pas toutes.

En tout état de cause, Google communique largement sur les statistiques de sa voiture sans conducteur (VSC) qui aurait quasiment atteint les 500 000 kilomètres sans incident, tandis que celles du conducteur étasunien sont moins bonnes : en moyenne, Average Joe fait face à un accident de la route tous les 250 000 kilomètres.

Situation enjolivée

Pourquoi Consumer Watchdog souhaite envoyer dans le décor un projet en apparence si futuriste et prometteur, réclamé par les statistiques donc, mais aussi par les lecteurs de SF, le gouvernement californien et le Sénat de l’État ? “Parce qu’un loi qui régule des véhicules autonomes doit s’assurer que les voitures sans conducteur rassembleront uniquement les données nécessaires à faire fonctionner l’automobile, et ne mémoriseront pas les données davantage que nécessaire”, clame John Simpson, directeur de la branche “vie privée” de l’association. Selon lui, le business model de Google :

c’est de monter des dossiers numériques sur nos comportements personnels et de les vendre aux annonceurs. Vous n’êtes pas le client de Google ; vous êtes son produit, qu’il vend aux entreprises désireuses de payer n’importe quel prix pour vous atteindre. (…) La technologie sans conducteur se contentera-t-elle de nous mener d’un point à un autre, ou traquera-t-elle comment nous y sommes allés et ce que nous avons fait durant le trajet ?

Dans le rétroviseur

Consumer Watchdog pense avoir des raisons de s’en faire au vu de la relative légèreté affichée par le géant du web en matière de vie privée. Et de rappeler deux évènements particulièrement fâcheux qui ont fait récemment déraper Google.

  • La première affaire est Wi-Fi Spy : il a été établi que les voitures qui circulent autour du globe pour photographier chaque rue et (re)constituer la fabuleuse base de données “Street View” ont été également conçues pour récolter des données personnelles sans aucun rapport avec leur mission. Ce que Google a voulu initialement faire passer pour le logiciel expérimental d’un ingénieur isolé était en fait — telle que l’a découvert la Commission fédérale des communications (FCC) — une fonctionnalité parfaitement intégrée au système.
    Résultat : en passant à proximité des habitations, ces Google cars se connectaient aux réseaux Wi-Fi ouverts qu’elles rencontraient et sauvegardaient toutes les infos qu’elles y trouvaient — y compris les mots de passe ou les e-mails.
  • La deuxième affaire sensible pour Google concerne l’espionnage organisé du navigateur Safari utilisé par Apple sur son iPad et son iPhone, qui représente environ 50 % du marché des navigateurs sur mobilité. Le méfait : utiliser du code pour tromper le navigateur qui, par défaut (et c’est un des rares), protège ses utilisateurs des cookies tierce partie, ceux-là même qui envoient des informations sur nos comportements et notre navigation aux réseaux de publicités en ligne. Et donc de détourner lesdites informations contre le gré des internautes et mobinautes.
    Pour ce “petit” secret, la firme tentaculaire a été condamnée le mois dernier à une amende de 22,5 millions de dollars [pdf] par la Federal Trade Commission (FTC). Une misère qui représente 0,2 % de ses revenus au deuxième trimestre — pour relativiser — et qui met un terme à une bévue dévoilée en février dernier par le Wall Street Journal.
  • Deux affaires de détournement des données privées, avérées et répréhensibles, en contrepoint de l’image lissée d’une entreprise dont le slogan (don’t be evil — “ne fais pas le mal”) résonne comme celui d’un parangon de probité. C’est pourquoi Consumer Watchdog réclame, de la part du Goliath et des autorités qui filent à tombeau ouvert avec lui, que le prochain joujou soit surveillé de (beaucoup plus) près.

    Apprenti maître-de-l’univers enthousiaste et maladroit, ange et démon, carburant aux passions humaines, slalomant entre l’absolue volonté de nous rendre à la fois libres de nos entraves et esclaves de nos petites libertés quotidiennes, Google titille encore son monde, avec cet air innocent et enfantin de ceux qui jouent à faire briller les chromes de la Buick pour parader dans Main Street. Bref, rien de nouveau sous le soleil californien : on lui passera sans doute cette facétie-là.


    Photo de la Google Car via Google Inc.

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    http://owni.fr/2012/09/17/frein-a-main-sur-la-voiture-sans-pilote-driverless-car-google/feed/ 11
    La formation fantôme de la vidéosurveillance http://owni.fr/2012/09/11/la-formation-fantome-de-la-videosurveillance/ http://owni.fr/2012/09/11/la-formation-fantome-de-la-videosurveillance/#comments Tue, 11 Sep 2012 15:57:03 +0000 Sabine Blanc http://owni.fr/?p=119830

    D’ici la fin de l’année, les salariés de Pimkie ou des parking Vinci qui font de la vidéosurveillance devront effectuer une formation de 70 heures au Greta de Montpellier, unique centre qui dispense une formation sur ce domaine. Sinon, ils seront hors la loi. Telles sont les conclusions d’un article de blog paru ce lundi qui sème le doute sur les nouvelles obligations des opérateurs de vidéosurveillance.

    La vidéosurveillance vidéoprotection est devenue par décret une spécialité de la sécurité privée en décembre dernier, en même temps que les “recherches privées”. Concernant la formation, la loi est claire, souligne notre blogueur :

    Chaque activité du monde de la sécurité privée doit avoir “en face” une formation spécialisée, se rapportant à l’activité exercée [...]

    Article 1
    Les [...] salariés d’entreprises exerçant l’une des activités mentionnées à l’article 1er de la loi du 12 juillet 1983 susvisée justifient de leur aptitude professionnelle par la détention :

    -soit d’une certification professionnelle, enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles, se rapportant à l’activité exercée ; [...]

    Article 9
    Le candidat à l’emploi justifie de l’aptitude professionnelle correspondant à l’activité qu’il exercera.

    Sécurité privée d’État

    Sécurité privée d’État

    Un nouveau conseil des sages des sociétés de sécurité privée, le Cnaps, est installé ce 9 janvier pour tenter de ...

    Depuis mars, la loi 83-629 régissant la sécurité privée a été intégrée dans le code de la sécurité intérieure (CSI). Son article L613-13 introduit une nouveau disposition : les opérateurs privés de vidéosurveillance visionnant la voie publique ou des lieux ouverts au publics sont soumis au CSI. En clair, un agent travaillant dans un parking, un magasin, un PC autoroutier est concerné.

    La situation se complique pour nos opérateurs nouvellement soumis à ces obligations car ils ont jusqu’au 31 décembre… 2012, comme le stipule un décret de 2009. Un délai d’autant plus court que le Greta de Montpellier est donc le seul sur le créneau.

    Formation sine die

    L’article a vite été repéré par l’œil sagace d’Alain Bauer, le président du Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), le nouvel organisme chargé d’encadrer le secteur. Alertée, la délégation interministérielle à la sécurité privée (DISP) a“rassur[é] les intéressés” le jour même par nos confrères de l’agence AEF sécurité globale. Son interprétation diffère totalement de celle du blogueur. Extrait du communiqué que la DISP nous a ensuite envoyé, qui se garde de fouiller les textes de loi :

    Le décret n° 2011-1919 du 22/12/2011 a bien confirmé que la vidéoprotection était partie du champ des activités privées réglementées de sécurité.

    Ceci a bien pour conséquence que tout opérateur chargé de visionner des images, qu’il appartienne à une société privée prestataire de services ou à un service interne, doit être détenteur avant le 31/12/2012 d’un numéro de carte professionnelle susceptible de lui être délivré au regard de ses antécédents et de la possession d’une attestation de formation en lien avec son activité.

    Actuellement, toute formation, titre ou CQP (certification de qualification professionnelle, NDLR) concernant le champ de la surveillance par des moyens humains ou électroniques permet d’obtenir la carte professionnelle d’opérateur de vidéoprotection.

    La DISP précise que les formations spécifiques sont reportées sine die :

    En lien avec les professions concernées, et dans le cadre de la nécessaire professionnalisation de la formation aux métiers de la sécurité privée, l’Etat a prévu de procéder à la mise en place par arrêté, d’un cadre permettant à des opérateurs agissant dans le champ de la formation de proposer le moment venu des CQP ou titres spécialisés.

    La formation des opérateurs de vidéosurveillance est pourtant un enjeu urgent, comme en témoignait encore récemment une étude du chercheur Tanguy Le Goff : regard discriminatoire ou distrait pour tuer le temps, perte de temps sur des aspects techniques. Et la petite histoire illustre la mise en ordre à marche forcée de la sécurité privée, à l’image de la mise en place accélérée du Conseil national des activités privées de sécurité cette année.

    Car ce n’est pas la première fois que ce genre de tour de passe-passe est exécuté rappelle l’article :

    - Un CQP APS sans agrément pendant au moins quatre mois [...] (avec arrêté rétroactif pour réparer tout ça)

    - Tous les diplômes de niveau II Éducation nationale (psychologie, biologie et autres) sont “transitoirement” (et illégalement ? encore aujourd’hui) reconnus comme valant aptitude préalable à être dirigeant d’une société de sécurité privée, faute de n’avoir pas assez de formation reconnue au RNCP concernant cette aptitude.

    En outre, et quand bien même une formation en vidéosurveillance ne serait pas requise, la marge reste étroite pour se mettre dans les règles, nous a expliqué le blogueur :

    Entre ceux qui ne sont même pas au courant qu’ils vont être soumis au CSI, et le délai incompréhensible d’environ deux à trois mois de traitement du dossier par le Cnaps, sans compter le délai de formation (au moins quinze jours) et en supposant que des sessions de formation seront programmées à temps, je vois mal comment on pourrait respecter les délais.

    Si dans les hypermarchés, qui ont souvent un service sécurité déclaré, les agents visualisant le système de vidéoprotection auront cette habilitation facilement, c’est surtout pour les nouveaux acteurs que cela va être compliqué, car avant, être devant des moniteurs de vidéoprotection ne nécessitait aucun agrément ou qualification.


    Photo par minifig (CC-byncsa)

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    http://owni.fr/2012/09/11/la-formation-fantome-de-la-videosurveillance/feed/ 9
    La Justice met Apple à la page http://owni.fr/2012/08/31/la-justice-met-apple-a-la-page/ http://owni.fr/2012/08/31/la-justice-met-apple-a-la-page/#comments Fri, 31 Aug 2012 12:29:24 +0000 Claire Berthelemy http://owni.fr/?p=119268

    Avril 2012, à la suite d’une plainte en nom collectif, le département américain de la Justice se penchait sur les accusations portées contre Apple et cinq grands éditeurs pour soupçons d’entente illégale sur les prix – vous pouvez retrouver au bas de l’article la plainte alors mise en ligne par Owni. Un dossier lourd de conséquences pour les métiers de l’édition numérique, qui a rebondi hier aux États-Unis. Selon les termes d’un accord passé avec le ministère public, trois des cinq éditeurs verseront une amende de 69 millions de dollars, pour avoir cherché à s’entendre sur les prix. Et 250 000 dollars de dommages et intérêts aux lecteurs floués par la hausse volontaire des prix, entre le 1 Avril 2010 et le 21 mai 2012. De son côté, Apple est dans l’obligation de clôturer les contrats à l’origine de ces pratiques.

    Apple à livre ouvert

    Apple à livre ouvert

    La procédure civile contre les pratiques d'Apple sur le marché du livre numérique prend de l'ampleur. Pour le plus grand ...

    Amazon en bon concurrent d’Apple sur le marché du livre numérique aux États-Unis peut à présent se réjouir d’un tel accord, passé avec Hachette, Harper Collins et Simon & Schuster, qui se sont pliés à la procédure de conciliation du ministère de la Justice. Tandis que deux autres majors de l’édition, Penguin et Macmillan, n’ont pas suivi la même voie. Ils devront eux se présenter devant le tribunal aux côtés d’Apple.

    Amazon flaire l’entente

    Tout débute en août 2011. La procédure collective – class action – regroupait à l’origine des plaintes de particuliers disséminés sur tout le territoire américain et dénonçait des contrats d’agence passés entre Apple et les cinq plus gros éditeurs du pays. Les prix fixés avec Apple entrainaient pour les éditeurs l’impossibilité de les vendre moins chers ailleurs. Amazon devait alors augmenter ses tarifs, au détriment des consommateurs.

    Quelques mois plus tard, en décembre, la Commission européenne essayait également d’observer si manigances il y avait eu entre des éditeurs et Apple au niveau européen.

    Amazon balance Apple

    Amazon balance Apple

    La Commission européenne enquête sur une potentielle entente illégale entre Apple et cinq importants éditeurs. Amazon ...

    Un proche du dossier confiait à l’époque à Owni que des représentants d’Amazon avaient soufflé à certains commissaires européens que le comportement des éditeurs leur paraissait étrange : la frilosité des éditeurs, notamment français. En cherchant un terrain d’entente avec Apple, ils pourraient ainsi protéger leur système de distribution et leurs catalogues respectifs et border ainsi avec leurs propres règles un milieu qu’ils ne maitrisent pas encore. Ce même proche de l’affaire expliquait que les lobbies de l’édition voulait “obtenir une protection légale contre l’évolution technique et la ‘désintermédiation’ par la fixation de prix de vente obligatoires pour le livre numérique, aligné sans aucune justification sous-jacente sur les prix de vente des versions papier”.

    L’enquête devait déterminer si Apple, Hachette, Harper Collins, Simon and Schuster, Penguin et Verlagsgruppe Georg von Holzbrinck avaient accordé leurs violons pour la fixation des prix. Toujours au détriment d’Amazon. Dernière nouvelle en date, Apple et quatre des grands éditeurs vont permettre à d’autres vendeurs – Amazon en tête – de pouvoir pendant deux ans vendre leurs livres numériques à bas-prix. Histoire de mettre fin à cette enquête antitrust.

    Délivrance

    Le 11 avril 2012, le département de la Justice américain se saisissait du dossier et dans un communiqué de presse racontait les avancées de l’affaire :

    Le département [NDLR, de la Justice] a conclu un accord avec trois des plus grands éditeurs du pays – et continuera de poursuivre Apple, et deux autres grands éditeurs – pour s’être entendus pour augmenter les prix que payent les consommateurs pour les ebooks. [...] Plus tôt dans la journée, nous avons déposé une plainte à New-York contre Apple et cinq différents éditeurs – Hachette, HarperCollins, MacMillan, Penguin et Simon & Schuster. En réponse à nos allégations, trois de ces éditeurs – Hachette, HarperCollins et Simon & Schuster – ont accepté l’accord proposé. S’il est approuvé par le tribunal, cet accord permettrait de résoudre les préoccupations antitrust de l’administration avec ces entreprises, et les obligerait à permettre à d’autres détaillants, comme Amazon et Barnes & Noble – la liberté de réduire le prix de leurs e-books. Le règlement exige aussi que les entreprises mettent fin à leurs accords anti-concurrentiels avec Apple et les autres vendeurs d’ebook.

    Aujourd’hui c’est donc au tour de certains éditeurs d’accepter les conditions. En reconnaissant notamment qu’il y a eu entente avec Apple, privant le marché du livre numérique de sa main invisible.

    Pour Hachette à l’époque, il n’y avait aucun problème concernant les prix ou les contrats d’agence qu’ils avaient fixés avec certains des éditeurs, toutefois, ils se disaient prêt à entamer des pourparlers avec le département de la Justice. Ce qu’ils ont donc fait :

    Désormais, nous pensons qu’il est du devoir du DOJ et des Procureurs des États de veiller à ce que plusieurs détaillants opèrent sur le marché des ebooks, qui doit demeurer concurrentiel, et que nous ne revenions pas à une situation de monopole dans laquelle une seule entreprise décide quels ebooks les consommateurs doivent lire et comment.

    Avec la décision du département de justice américain de verser des dommages et intérêts aux lecteurs et ces 69 millions de dollars, Amazon peut apprécier que la justice ait plongé dans ces affaires de gros sous des milieux de l’édition. Une évolution qui autorise un retour à une saine concurrence, permettant à Amazon de repasser ses livres à dix dollars, son prix de séduction.

    plainte contre Apple et les éditeurs US


    Illustration par Christophe Dombres(CC-by)

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    http://owni.fr/2012/08/31/la-justice-met-apple-a-la-page/feed/ 4
    Le code, c’est chic, c’est fric http://owni.fr/2012/06/21/le-code-cest-chic-cest-fric/ http://owni.fr/2012/06/21/le-code-cest-chic-cest-fric/#comments Thu, 21 Jun 2012 10:06:42 +0000 Sabine Blanc http://owni.fr/?p=114047

    code, code, code, pendant le hackathon de voxe.org - (cc) Ophelia Noor pour Owni

    10 millions de dollars : moins d’un an après son lancement en août 2011, Codeacademy vient d’effectuer une belle levée de fond. Ce site d’apprentissage interactif de la programmation avait déjà réuni 2,5 millions de dollars lors du précédent tour de table en novembre dernier.

    Parmi les investisseurs successifs, on trouve quelques noms sexy dans le petit monde des start-ups des nouvelles technologies : Union Square Ventures, qui a mis de l’argent entre autres dans Foursquare, Tumblr ou bien encore Twitter ; Index Ventures, qui compte dans son portefeuille Skype, SoundCloud, MySQL, etc ; Kleiner Perkins, qui a mis des billes dans Spotify, Klout, Zynga… ;  Richard Branson, le fondateur de Virgin.

    Un tableau de chasse à l’image de l’engouement que suscite l’apprentissage du code, en particulier aux États-Unis. Le “programmer ou être programmé” de l’écrivain américain Douglas Rushkoff semble avoir fait tilt dans plus d’une tête. La courbe de croissance de Codeacademy est affolante, à tel point qu’elle se définit maintenant comme “une entreprise mondiale” ayant atteint le saint Graal de la scalability , l’extensibilité en bon français : des centaines de milliers d’utilisateurs, 50% de leur audience hors des États-Unis, 400 cours, le tout assuré par neuf employés. Et ce n’est que le début donc.

    Facile.

    Storytelling

    En bons adeptes du storytelling, les deux (très) jeunes fondateurs Zach Simms et Ryan Bubinski expliquent avoir fondé Codeacademy pour pallier un manque en matière d’éducation :

    J’enseignais moi-même la programmation et j’étais extrêmement frustré de ce que je trouvais dans les livres, les vidéos et partout ailleurs en ligne. Dans le même temps, Ryan avait déjà enseigné à des centaines d’étudiants alors que nous étions à Columbia et que nous cherchions comment enseigner à des millions en plus. [...]

    Mary Meeker de Kleiner Perkins a visité nos bureaux [au début de l'année]  et a décrit un panorama des quelques industries qui avaient besoin d’être secouées, l’éducation figurait en tête. [...] Nous avons passé beaucoup de temps à parler à Saul et Mary, et Mike Abbott chez Kleiner du futur de l’éducation, de la programmation et de nos forces de travail.

    Il est vrai que l’école a du mal à prendre en charge cette partie et les appels à ce qu’elle intègre l’enseignement du code dans les programmes sont récurrents : Eric Schmidt, le président exécutif de Google, a ainsi taclé la Grande-Bretagne, le pays qui a inventé l’ordinateur, pour avoir “gaspillé son fantastique héritage en informatique”.

    Si des initiatives similaires existent, comme CodeSchool, O’Reilly ou WebMaker et les Summer Code Party de la fondation Mozilla, aucune ne revendique un succès aussi fort. Mathieu Nebra, qui a fondé à treize ans en 1999 le Site du zéro, un alter ego français à succès, puis une société autour, émet des hypothèses :

    Ils ont été très médiatisés, pourquoi ? Je ne sais pas… C’est un concept ancien, qu’ils ont réussi à simplifier et à rendre sexy.

    Sexy et gratuit, ce qui aide. Si sexy que le maire de New York Michael Bloomberg a twitté qu’il allait s’y mettre aussi cet hiver, assurant au passage un beau coup de publicité gratuite :

    Le #codeyear du tweet est une référence à l’opération lancée en janvier par la jeune entreprise, qui alimente ainsi son propre succès. Dans sa veine éditoriale, Code Year délivre un discours démystifiant sur le code, que certains imaginent comme un monde mystérieux et ésotérique et élitiste (un discours entretenus par certains programmeurs jaloux de leur pré-carré :)

    Code Year est un cours introductif pour quiconque souhaite apprendre à programmer. Code Year commence avec les fondamentaux et enseigne les concepts à travers des cas concrets.

    make($) sinon end(game)

    Il y a juste un truc qui cloche, comme le souligne Mathieu Nebra :

    Le montant de la levée de fonds ne m’étonne pas, aux États-Unis, il faut toujours rajouter un zéro. Mais la boite n’a aucune source de revenus. Ils pourront valoriser la base de leurs utilisateurs pour en faire une CVthèque ou faire payer les fonctionnalités. Mais leur communauté risque de ne pas être stable, comme elle s’est construite sur une hype.

    Levée de fonds, succès foudroyant, jeunes fondateurs, buzz, Codeacademy a des parfums de micro-bulle. Si elle dispose d’un petit matelas de billets qui lui permet d’envisager le court terme sereinement , l’équation à long terme est inévitable : make($) sinon end(game) // just a copy/paste from myspace’s source.


    Photo par Ophelia Noor pour Owni pendant la session hackathon d’applications organisée par l’association Voxe.org pour la présidentielle 2012

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    http://owni.fr/2012/06/21/le-code-cest-chic-cest-fric/feed/ 4
    Nouveau lobbyiste chez Google France http://owni.fr/2012/05/14/goole-france-tabaka-lobbyiste/ http://owni.fr/2012/05/14/goole-france-tabaka-lobbyiste/#comments Mon, 14 May 2012 20:28:22 +0000 Andréa Fradin http://owni.fr/?p=110210

    Benoit Tabaka

    C’est ce qu’on appelle une belle prise. Le landerneau numérique en est déjà tout émoustillé : le secrétaire général du Conseil National numérique (CNN) Benoit Tabaka devrait rejoindre la team des lobbyistes de Google France d’ici l’été.

    Sarkozy attaque Internet

    Sarkozy attaque Internet

    Nous avons cartographié le réseau d'influence sur Internet du Président de la République - le plus puissant comparé aux ...

    Le temps d’assurer la transition avec l’instance consultative créée il y a près d’un an sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, qu’il a intégrée en octobre.

    Une bien mauvaise nouvelle pour le CNN, dont la pérennité est plus qu’incertaine sous la Présidence de François Hollande. Une aubaine en revanche pour Google France, qui a su pêcher le bon poisson pour se dépêtrer de ses ennuis fiscaux.

    Châteaux de sables

    Car s’il est inconnu du grand public, Benoit Tabaka est un personnage “incontournable et hyperactif” du petit monde du Net français.

    C’est d’ailleurs en ces termes que nous le placions, fin janvier dernier, au centre d’une application représentant les différents acteurs de cet écosystème. Un archipel numérique qu’il connaît comme sa poche : Benoit Tabaka y fait depuis longtemps des “châteaux de sable” , bien au-delà des seules frontières du CNN.

    Du Conseil, il en est l’un des principaux artisans. A la demande d’Éric Besson, il en rédige les principales orientations aux côtés de Pierre Kosciusko-Morizet. Il est alors encore en charge des “affaires juridiques et réglementaires” du site de vente en ligne Price Minister, où il restera quatre ans.

    Ce juriste de formation met également ses compétences à profit au sein du Forum des droits sur l’Internet, sorte d’ancêtre du CNN, de 2002 à 2006. Il a également fait un passage à l’Asic (Association des sites Internet communautaires, qui défend les intérêts de sites tels que Facebook, Google, Dailymotion…), auprès de Giuseppe de Martino (Dailymotion), actuel camarade du CNN, et Olivier Esper (Google), sous les ordres de qui il devrait bientôt travailler.

    Benoit Tabaka profite aussi de son temps libre pour prendre le pouls du Net. Sur Twitter, où il dissèque les dernières actualités de la régulation du réseau auprès de quelques 3600 followers, ou sur son blog, où il brasse des questions aussi diverses que le e-commerce, la propriété intellectuelle ou la responsabilité des hébergeurs. Le tout avec humour, et bonhommie : loin du costume-cravate, l’influenceur se décrit comme un “funny lobbyist in favor of Internet” (“Lobbysite rigolo pro-Internet”)

    Les taxes

    Des atouts de taille, en sus d’un carnet d’adresses bien rempli, pour quiconque cherche à se refaire une beauté dans l’e-univers hexagonal. Google correspond pile-poil au profil. Avec un contrôle fiscal en cours, et de multiples tentatives pour parvenir à lui faire payer des impôts en France, le mastodonte du web a fort à faire dans cette région du monde, et cherche logiquement à y renforcer son équipe de lobbyistes.

    À en croire les récentes déclarations du clan Hollande, le géant de Mountain View n’est pas au bout de ses peines en matière fiscale. “C’est un sujet clé qu’il aurait fallu aborder dès 2007, ou même quand Nicolas Sarkozy était ministre du budget” écrit dans son blog Fleur Pellerin, la responsable numérique du candidat socialiste nouvellement élu. Qui accuse d’un même geste l’ancien Président d’avoir préféré à la “taxation du web” la visite du “QG Potemkine de Google à Paris.”

    Benoit Tabaka, qui n’est pas bavard sur ses nouvelles activités, aura donc fort à faire pour défendre les intérêts de son nouvel employeur. Y compris en allant à l’encontre, parfois, de préconisations qu’il a lui-même défendues en sa qualité de secrétaire général du CNN.

    Certes en juin dernier, le Conseil avait rendu un avis défavorable sur un projet de “Taxe Google”, visant à imposer les activités des géants du Net américains installés sur le territoire français. Mais n’allait pas à l’encontre du principe pour autant : seule l’efficience du dispositif était alors contestée.

    Le CNN est opposé à la Taxe sur la Publicité en Ligne dans sa version actuelle […].
    Pour autant, le CNN reconnait la justesse de la question posée à travers cette taxe : le véritable objectif n’est pas tant de taxer la publicité, que de chercher à faire contribuer au financement de l’Etat (et de ses réseaux) de grands groupes étrangers, établis fiscalement hors de France, mais ayant une activité significative en France.
    Avis n° 3 du 10 juin 2011 Conseil national du numérique relatif à la taxe sur la publicité en ligne

    Le CNN va même plus loin, en préconisant l’institution, à l’échelle européenne, d’un nouveau statut, mieux adapté aux firmes d’Internet : “l’établissement stable virtuel”, “dès lors qu’un acteur exerce des activités régulières sur Internet auprès des consommateurs en France.” Une notion qui ne va pas forcément dans le sens de Google. Reste à savoir comment Benoit Tabaka va jongler entre ses anciennes attributions (et orientations) et sa nouvelle casquette.

    Pour qui sonne le Tabaka

    Côté CNN, l’annonce du départ de Benoit Tabaka semble avoir sonné le glas. Pour beaucoup, la perte de celui qui coordonnait à plein temps les travaux du Conseil, composé majoritairement de chefs d’entreprises, signe la mort certaine de ce dernier.

    Sans compter que les équipes de François Hollande ne se sont pas forcément montrées tendres avec cette instance, souvent perçue comme un symbole du sarkozysme numérique. Au mieux, le CNN verra sa composition repensée en profondeur. Au pire, il sera relégué dans les oubliettes de l’administration française. Rejoignant ainsi nombre de conciles et comités théodules depuis longtemps abandonnés.


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